Un poète sans muse,

Est une fleur sans bourgeon,

Un innocent qu’on accuse,

Ou Paris sans pigeons.

 

C’est un bateau échoué,

Dans l’abime sans fond

D’une mer déchainée,

Le marin moribond,

D’un radeau balloté.

 

Il espère croiser

Au détour d’une vague,

Une terre boisée,

Une plage pleine d algue,

Bout de terre irisée,

Ou son esprit divague.

 

Cette Muse ou est  elle ?

L’a t il donc perdu ?

Sera-t-elle sirène,

Ou jolie Muse ébène ?

Sera-t-elle lumière

Ou jolie Muse fière ?

 

De son essence,

Il puise sa substance,

De son rire,

Se nourrissent ses délires,

Sans elle point de désir,

Sans elle, plus de plaisir.  

 

Bruno